Dé-payser / Entfremden
- Ma
- 29 juin 2017
- 5 min de lecture
Cela fait un mois jour pour jour que nous sommes partis.
Nous avons traversé cinq pays et avons vu (vraiment vu) au moins 13 endroits différents. Le plus difficile, c'est de trouver de l'eau. En France, il y a souvent un robinet public près des cimetières, mais ce n'est pas toujours le cas en Scandinavie, nous devons ruser, remplir des bouteilles plastiques aux robinets des toilettes publiques que nous croisons.
Se laver est le deuxième soucis, il faut avoir la chance d'avoir du beau temps et un endroit discret pour pouvoir utiliser la douche solaire ou trouver une douche peu chère voire gratuite ou à défaut payer une nuit dans un camping pour s'y laver et laver notre linge. Quoique pour ça, heureusement, nos chers amis nous ont offert la Scrubba! Quel heureuse idée que cette invention!
Notre troisième soucis va toujours à la nourriture. Nous avons apporté des réserves conséquentes (légumes en boites, soupes en tetrapack... -Nous sommes d'ailleurs passé devant la fabrique de Tetrapack à Fjällbacka! ;) ) qui nous permettraient de survivre sans rien acheter pendant les mois à venir, mais nous ne sommes pas encore décidé à renoncer au lait frais et à quelques légumes ou fruits de temps en temps, or la nourriture en Scandinavie, c'est cher! Ici au Norvège, un poivron peut coûter 3 à 4€. Le moins cher (moins cher que le sucre), c'est les épinards. Heureusement que nous aimons les épinards! Notre argent fond comme neige au soleil, c'est pourquoi nous finissons actuellement une première semaine de Helpx, une façon simple de rencontrer des "indigènes" tout en économisant de l'argent, mais nous vous en parlerons plus tard.
Franchement, tous ces petits soucis ne sont rien quand nous réalisons ce que nous gagnons! En ce moment, le mot que nous avons à la bouche est dé-paysement. Nous ne sommes plus dans notre pays, dans un paysage connu, nous sommes littéralement propulsé hors des limites de notre connaissance, hors de nos limites. Depuis que nous avons passé la frontière de la Norvège, nous découvrons des pays inédits. Les grandes forêts de pins où les habitations se font rares, où l'on croise des cascades d'eau translucides à chaque virage. Puis, arrivés au sommet de la montagne, cette étendue aride où ne pousse plus qu'une végétation basse, rude et grise. Enfin le glacier de Hardangerjøkulen, sur lequel nous sommes tombés au hasard de notre trajet, nous nous sommes retrouvés au milieu de la neige à longer un lac gelé, en plein mois de juin! Là non plus, pas un arbre, pas un buisson.
Depuis une semaine, nous sommes près du deuxième plus grand Fjord de Norvège, le Handangerfjord. Nous sommes arrivés à la cascade Vörringsfossen dans le brouillard le plus total, nous n'avons rien vu, si ce n'est un mur blanc et opaque, il n'y avait que le bruit de la cascade pour nous confirmer sa présence. Depuis il pleut, les éclaircis sont rares, la boue est partout et nous arrive jusqu'à la cheville. Quelle joie ce matin de découvrir un ciel d'un bleu profond ; C'est comme ça, ici, la météo est maître de tout et insaisissable.
Les routes aussi nous sont étrangères. Pour tout vous dire, il n'y avait pas de route ici avant. Il fallait prendre le bateau pour attendre la pointe du Fjord et les villages qui s'y nichent. Depuis les années 70, ils ont donc construit une route, une route qui passe à flanc de montagne, quand elle ne doit pas carrément passer par un tunnel. Les tunnels sont basiques, à une seule voie, on voit les bords rocheux et les traces des explosifs, la lumière est spartiate et d'un jaune orangé surréaliste. Avec Manni, nous peinons, 70Km nous prend facilement une heure et demi, car à chaque voiture que nous croisons, nous devons nous nous ralentir considérablement voire même nous arrêter.
Et puis il y a tout ce que nous faisons de nouveau, de sensationnel : traire des chèvres, faire du fromage, du savon, du pain, pêcher, tuer, dépecer et cuisiner le poisson frais, voir un phoque sauvage au milieu du Fjord, escalader un glacier, goûter des plats traditionnels norvégiens, écouter des chansons norvégiennes, discuter religion avec des américaines... Dépaysant.
Wir sind seit einem Monat auf Reise.
Langsam wissen wir, wo unsere täglichen Probleme liegen. Erst Wasser finden, was gar nicht so einfach ist. In Frankreich findet man recht einfach Wasser in der Nähe der Friedhöfe, aber in Skandinavien ist es nicht so leicht, manchmal müssen wir einfach Plastikflaschen in den öffentlichen Klos auffüllen.
Dann müssen wir finden wie wir uns regelmäßig waschen können. Wir haben ja eine Solar-dusche, aber dafür brauchen wir erstens einen ruhigen Platz, wo wir sie aufhängen können, und außerdem schöne Tage, damit wir sie auch benutzen können, meisten ist gar nicht daran zu denken, da wir zur Zeit in der Nacht stolze 12°C vorweisen. (Siehe Fotos!) Wenn wir die Solar-dusche nicht benutzen können, müssen wir entweder eine kostenlose Dusche finden oder eine kostenpflichtige wie in Campingplätzen. Nicht immer so billig...
A propos Geld, unser drittes Problem ist das Essen. Wir haben glücklicherweise alles mit, dass wir nichts kaufen müssen, aber noch sind wir nicht bereit, Milch und frisches Gemüse und Früchte auszulassen, also bezahlen wir es. Hier kostet eine Paprikaschotten mal eben 3-4€, das billigste ist immer noch Spinat, billiger sogar als Zucker! Deswegen haben wir jetzt auch eine Woche Helpx gemacht, eine einfache Möglichkeit Geld zu sparen, indem man für jemand gegen Kosten und Logis arbeitet. (Darüber kommt später ein ausführlicherer Artikel.)
All diese kleinen Probleme sind aber schnell vergessen, wenn man sich anschaut, was wir alles gewonnen haben! Wir sind völlig entfremdet, neue Landschaft, neue Leute, neues Essen, wir werden von dieser Erfahrung aus unserer Komfortzone gerissen! Seitdem wir die schwedisch-norwegische Grenze überquert haben, haben wir nur neues erlebt. Erst die riesen Pinienwälder, mit hohen kerzengraden Bäume, mehr Wasserfälle als Wohnsiedlungen. Dann an der Spitze des Berges diese kahle Gegend, wo nur noch niedriges trockene gaue Büche wachsen. Dann der Hardangerjøkulen Gletscher, Steine, kahler Schnee und zugefrorene Seen, Mitte im Juni!
Seid einer Woche sind wir in der Nähe vom Handangerfjord, der zweitgrößte Fjord Norwegens! Leider ist es hier alles anderes als schönes Wetter, während in ganz Europa die Sonne heiß brennt, schüttet es bei uns aus Eimern. Die Ziegen haben Schlamm bis zu den Knien und wir haben uns natürlich verkühlt. Wir sind bei den Vörringsfossen angekommen, eigentlich die schönsten Wasserfälle in der Gegend, und haben nichts anderes gesehen als eine undurchdringlich weiße Wand.
Die Strassen sind auch mehr als fremd. Vor den 70er Jahren gab es hier eigentlich gar keine Strasse, die Bewohner mussten mit der Fähre bis zur Spitze des Fjord gelangen. Da wo die Strasse nicht dem Fjord entlang gebaut werden konnte, wurden Tunnel in den Berg gegraben, doch die sind schlecht belichtet, einspurig und sehr einfach gebaut, die felsigen Wände ragen raus, wie noch frisch nach dem Sprengen. Das hat zur Folge, dass wir mal eben 1,5 Stunden für 70Km brauchen, da wir ständig stehen und warten müssen, damit der Gegenverkehr auch fahren kann.
Und dann ist noch alles was wir neues sensationelles erleben : Ziegen melken, Käse, Seife und Brot machen, fischen, den frischen Fisch töten, zerlegen und kochen, einen wilden Seehund im Fjord sehen, einen Gletscher besteigen, norwegisches Essen probieren, norwegische Lieder hören, mit Amerikanerinen über Religion reden... Entfremdend.